MIMA

L'agence

L’atelier MIMA est créé en octobre 2013 par Antoine Michaud et Sébastien Magrez. Tous deux ont d’abord appris le « métier » d’architecte en agence où ils ont acquis le savoir pratique nécessaire à l’exercice. De 2006 à 2013, Sébastien Magrez aura ainsi eu l’opportunité de travailler pour le duo d’architectes Barré-Lambot sur des projets qui, au tournant des décennies 2000-2010, ont fortement modifié le paysage nantais, ainsi du Bâtiment B sur l’Ile de Nantes, ou rennais avec le restaurant Taï Shogun dont les ventelles noires sont venues achever un projet urbain lancé vingt ans plus tôt sur les berges de la Vilaine. Quant à Antoine Michaud, il a d’abord goûté à la patience des chantiers patrimoniaux chez Pierluigi Pericolo, avant de s’exercer au projet chez Tugdual Michaud de Perier.

En parallèle et comme dans un jardin secret, ils se sont retrouvés pour co-fonder en 2010 l’Atelier Flexible, une association portée vers une pratique alternative du projet à travers des installations éphémères, du mobilier, ou encore des actions de sensibilisation à l’architecture, au Château de Rezé ou dans les quartiers du nord de Nantes. Ils goûtent à la scénographie, en Allemagne ou à Saint-Nazaire, tissent une toile de laine rouge dans les jardins de la mairie à Nantes… Patients, c’est après 15 années d’expériences communes qu’ils ont décidé de donner forme à ces valeurs partagées en créant un atelier qui cherche à conjuguer fonctionnalité et abstraction, habitude et surprise, pragmatisme et légèreté. « Curiosité émancipatrice et qualité construite », disent-ils en alternant franc sourire et inquiétude un brin ténébreuse. Projeter et construire, en somme.

Coordonnées

Interview

Que refusez-vous ?
Transformer l’acte de construire en produit, et réduire le propos architectural à une « tendance ».

Comment avez-vous vécu votre « première chance », votre première commande ?
Avec une certaine appréhension, car enfin laisser « pour de vrai » une trace tangible dans le paysage…

Quel sens revêt aujourd’hui pour vous la notion d’oeuvre ?
Un sens paradoxal qui nous renvoie à la notion d’oeuvre ouverte chère à Umberto Eco.

Vous reconnaissez-vous des maîtres, sinon des guides, au moins des précurseurs ?
Une nébuleuse d’inspirations…

Si oui, qui ?
Zumthor ou Siza pour leur souhait d’échapper à un message univoque, et puis pour un certain rapport romantique qu’ils peuvent tous deux entretenir avec l’exercice. Nouvel aussi, pour la générosité du geste. Armand Nouvet, pour le rôle de déclencheur qu’il a tenu, en tant que professeur, dans notre parcours, et puis pour l’intégrité de ses projets.

Enfin, en tant que précurseur sur la scène nantaise, nous regardons souvent le bel exemple de RAUM, dont nous admirons la puissante simplicité des réalisations. Préférez-vous parler de communauté (d’architectes) plutôt que de profession (d’architecte) ?
Nous préférons parler de l’architecture comme une pratique et comme un rapport « déplacé » au monde, rapport fécondé par les belles années d’étude que nous avons vécues.