Jeune architecte sagement rêveur et un brin nostalgique, « tiraillé entre la pureté de l’idée initiale idéalisée, et la dure confrontation à la réalité » nous a-t-il écrit, Mélaine Ferré prolonge le sillon ouvert par quelques aînés d’une école que l’on peut bien commencer par appeler « nantaise ». Elle consiste en un intérêt certain pour un matériau, le bois, simplement mis en oeuvre, et pour un dispositif, la serre et les grands volumes abrités non chauffés. L’école nantaise a (encore) peu construit, mais elle a (déjà) exercé une certaine influence, à travers l’enseignement, mais aussi les publications et les prix locaux et nationaux. Et elle invite à imaginer des maisons radicalement autres tout en étant bien entendu de leur temps. Après avoir fait ses gammes chez Xavier Fouquet, Mélaine Ferré est donc allé imaginer cette maison qui se joue d’une manière étrange, presque saugrenue, de ses voisines. Adoptant une autre manière de transiger avec la profondeur d’une belle parcelle urbaine de 326 mètres carrés mais renfermant un espace boisé inconstructible au sud, Mélaine Ferré (MFA) a dessiné une découpe improbable tout en donnant faussement le change sur la rue. Le tout ouvre sur une enfilade somptueusement ouverte sur un jardin de ville. Vérité du matériau : le bois, du tripli à l’intérieur au bois exotique choisi pour les ouvertures en passant par le bardage vertical extérieur en mélèze.

  • PROGRAMME : MAISON NEUVE EN VILLE
  • LIEU : NANTES (44)
  • MAITRISE D’OUVRAGE : PRIVÉE
  • SURFACE : 120 M2
  • ÉTAT : LIVRÉ 2015
  • CRÉDIT IMAGE : FRANÇOIS DANTART