RÉFLEXION PARTAGÉE AVEC CAMILLE MARCHAL ET FRANÇOIS JUSTET

  • PROGRAMME : SURÉLÉVATION D’UNE MAISON DE BOURG
  • LIEU : SARTHE
  • MAITRISE D’OUVRAGE : CAUE DE LA SARTHE
  • SURFACE : 71 M2 + 36 M2
  • ÉTAT : CONCOURS
  • COÛT : 70 000 EUROS HT
  • CRÉDIT IMAGE : FRANÇOIS JUSTET

Ayant encore très peu construit mais présentant un dossier témoignant d’un univers personnel sensible et très habité, le jeune architecte Florian Guérant a imaginé cette surélévation pour nous apprendre à voir autrement son village. Partant d’une réflexion sur le sens commun, à laquelle il convie Roland Barthes autant qu’Henri Bergson, il en arrive à ce projet partagé où surgit derrière l’habitude une inquiétante étrangeté : un vide ouvert au coeur du bourg, qui laisse au mitan de la façade surélevée un espace disponible et flottant comme un tremblé retardant l’arrivée des combles. Rechercher le partage culturel ne ramène pas systématiquement au pastiche. Il ne suffit pas de regarder, il faut encore voir, et cet espace ouvert agit comme une piqûre qui dérange et qui attire. Page suivante, à Lavaré, il a imaginé une passerelle en lien direct avec les habitants de cette commune rurale de la Sarthe, à l’Est du Mans. Appelé par une association, le Boucan des Arts, il a su proposer avec cette double passerelle, une autre manière, discrète, de cheminer du parc du Prieuré au sentier jusqu’à la base de loisirs près du ruisseau de La Tortaigne : tout droit ou par un détour bucolique contournant le saule. Le tout a été imaginé sur un coin d’herbe avec des ouvriers bénévoles. La structure ? Récupérée dans les ateliers communaux. On y touche du doigt toutes les vertus de l’indétermination du « jeune architecte » : plutôt que la perte ou le déclassement, faire de nécessité vertu. Pour faire des projets et pour travailler autrement, inventer autre chose. Plutôt que des preuves, laisser des traces de son passage – seules les traces font rêver.